Derrière l’accessibilité, des personnes

Étape 1 | Exploration. Avant de parler d’aménagements, de normes ou de services, il faut comprendre ce qui peut créer des obstacles dans l’expérience festivalière des personnes en situation de handicap.
Cette étape présente différentes réalités vécues, certains biais qui peuvent influencer nos décisions et le parcours d’un festivalier avant, pendant et après l’événement.

Profiter du festival, comme tout le monde

Chaque personne vit un festival à sa façon. Selon ses besoins, certains éléments peuvent faciliter ou compliquer son expérience : trouver l’information, se déplacer, se reposer, communiquer ou demander de l’aide.

Comme organisateur, vous avez un rôle important à jouer pour créer les conditions qui permettent à chacun de profiter du festival avec le plus d’autonomie, de confort et de confiance possible.

Dans cette vidéo, des festivaliers en situation de handicap racontent leur expérience et ce qui fait réellement une différence pour eux.

Ces témoignages le montrent bien : il n’existe pas une seule façon de vivre un festival. Les besoins varient d’une personne à l’autre et ne sont pas toujours apparents.

Consultez tous les témoignages
Judith, Karine et Kim nous parlent de leur expérience festivalière - vidéo (1 min 45)

Judith, Karine et Kim nous parlent de leur expérience festivalière - vidéo (1 min 45)

Les handicaps visibles et invisibles

Une situation de handicap peut être apparente ou non, permanente ou temporaire. Une personne peut avoir besoin d’un aménagement, de plus de temps, d’une information adaptée ou d’un soutien particulier sans que cela soit apparent.
Le bon réflexe : ne pas présumer des besoins d’une personne en fonction de ce que l’on voit. Deux personnes qui vivent une situation semblable peuvent aussi avoir des besoins très différents.
Pour mieux comprendre cette diversité, voici quelques repères sur les situations de handicap visibles et invisibles.

Quand la situation de handicap est visible

Certaines situations de handicap sont plus facilement perceptibles. Ce peut être le cas lorsqu’une personne utilise un fauteuil roulant, une canne, un déambulateur, une canne blanche ou un chien-guide.
Le fait qu’une situation soit visible peut donner certains indices, mais ne permet pas de connaître tous les besoins de la personne. Deux personnes qui utilisent la même aide à la mobilité, par exemple, peuvent vivre leur expérience de façon très différente.

Exemples de handicaps visibles :

  • Limitation motrice : elle affecte la mobilité et l’autonomie, comme les personnes en fauteuil roulant.
  • Limitation auditive : elle affecte généralement l'accès aux informations et la communication avec les personnes entendantes. Pour communiquer, les personnes sourdes ou malentendantes peuvent porter des appareils auditifs, s’exprimer en langue des signes ou encore développer la technique de lecture sur les lèvres.
  • Limitation visuelle : elle affecte généralement l'accès aux informations et les déplacements physiques. Les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent se déplacer à l’aide d’une canne blanche ou d’un chien guide. Certaines conservent un faible pourcentage de vision et des contrastes forts et lumineux pourront guider son orientation.
    Ces handicaps ont un impact visible sur la vie quotidienne et les interactions sociales.

Quand la situation de handicap est invisible

Certaines situations de handicap ne sont pas perceptibles par les autres. Pourtant, elles peuvent avoir des effets très concrets sur la façon de comprendre une information, de communiquer, de se déplacer, de gérer son énergie ou de vivre un environnement très stimulant.
Il est donc important de ne pas attendre qu’un besoin soit visible avant de le considérer.

Exemples de handicaps invisibles:

  • Déficience intellectuelle : c’est un état (et non pas une maladie) qui est présent pour toute la vie de la personne (source Société québécoise de la Déficience intellectuelle). Cette personne peut rencontrer des difficultés dans divers domaines : retenir plusieurs informations à la fois, se repérer dans l’espace et dans le temps, avoir conscience du danger, comprendre les normes sociales et leur nuance...
  • Limitations auditives : une personne qui lit sur les lèvres pour interagir avec une autre ne pourra pas percevoir des informations qui lui sont transmises de dos ou le visage détourné.
  • Troubles cognitifs : tels que les troubles DYS (dyslexie, dyspraxie, dysphasie, etc., qui touchent certaines fonctions d’apprentissage), le TDA/H (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité), etc. Ces troubles peuvent faire en sorte qu’une personne ait besoin de plus de temps pour comprendre une information, accomplir une tâche ou s’orienter dans un environnement.
  • Troubles psychiques ou de santé mentale : comme la dépression, l’anxiété, etc. Ces situations peuvent entraîner différentes difficultés, comme une grande fatigue, une sensibilité accrue au bruit ou à la foule, des difficultés de concentration, une gestion plus difficile du stress ou même une difficulté à demander de l’aide.
  • Maladies chroniques : fibromyalgie, sclérose en plaques, etc. Ces situations sont particulières et mal comprises, car leurs effets ne sont pas nécessairement continus. Une personne peut sembler aller bien, puis ressentir soudainement une grande fatigue, des douleurs, une perte d’énergie, des troubles de concentration ou encore une sensibilité accrue.

Ces handicaps peuvent avoir des répercussions importantes sur la vie des personnes concernées. Il est essentiel d’être conscient que des besoins spécifiques existent même si on ne les voit pas immédiatement ou que la personne avec un handicap invisible préfère ne pas mentionner sa différence.
Pour accueillir de manière inclusive, il est important de se montrer compréhensif et de ne pas présumer que tout le monde a les mêmes capacités ou limitations. Même avec un handicap similaire, les besoins sont différents et individuels.

Quand plusieurs situations de handicap se combinent

Une même personne peut vivre avec plus d’une incapacité ou situation de handicap. C’est ce qu’on appelle notamment le multihandicap.
Cette réalité est fréquente. Selon l'Enquête canadienne sur l'Incapacité de 2022 - 48 pages (pdf), 71% des personnes ayant déclaré une incapacité en ont déclaré plusieurs (37% en ont déclaré 2 ou 3 et 34% en ont déclaré 4 ou plus, lire en page 18).
Cette situation de “multi-incapacités” peut aussi être liée à la notion de comorbidité, c’est-à-dire la présence simultanée de plusieurs conditions ou problèmes de santé chez une même personne. Par exemple, la douleur chronique associée à des difficultés motrices constitue une situation de concomitance fréquente dans la population québécoise.
L’autisme peut coexister avec la déficience intellectuelle, même s’il est difficile de donner un chiffre à la fréquence de cette coexistence.

Pour en savoir plus sur l’autisme et la déficience intellectuelle
Au Québec, le taux global de prévalence du trouble du spectre de l'autisme (TSA) est estimé à environ 1,5 % à 1,7 % de la population. Parmi les personnes autistes, on estime qu'environ 25 % présentent une déficience intellectuelle associée (un co-diagnostic).
Source :Trouble du spectre de l’autisme : Faits saillants de l’enquête canadienne sur la santé des enfants et des jeunes de 2019

En conséquence, la prise en charge des personnes en situation de multihandicap pose des problèmes particuliers, car les moyens de compensation habituellement associés à un handicap ne sont pas toujours possibles.
Par exemple, une personne sourde et aveugle (la surdicécité) peut rencontrer des difficultés à utiliser la langue des signes visuelle en raison de l’association de ces deux handicaps. Dans ce cas, la langue des signes tactile peut être utilisée. La personne place ses mains sur celles de la personne qui signe afin de sentir les signes, les mouvements et les formes. Il s'agit d’une variante des langues des signes dans laquelle certaines informations visuelles, comme les émotions ou l’intensité du message, peuvent notamment être transmises par des pressions de la main.

En somme, le multihandicap nécessite une approche individualisée et sensible pour répondre aux besoins spécifiques de chaque personne concernée.

À retenir

Quand on parle de handicap, 4 types de clientèle sont concernés pour 27 % de la population canadienne ou 21 % de la population québécoise (source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'Incapacité de 2022).

  • Les personnes ayant un handicap/besoin moteur
  • Les personnes ayant un handicap/besoin visuel
  • Les personnes ayant un handicap/besoin auditif
  • Les personnes neurodivergentes ou ayant un trouble de santé mentale

Pour s’y retrouver entre incapacité et handicap
Incapacité et handicap sont deux notions interreliées, mais ne signifient pas la même chose : l’incapacité relève d’une dimension médicale et désigne une limitation individuelle. Le handicap, quant à lui, est le résultat de l’interaction entre la ou les limitations individuelles et un environnement non adapté. L’enquête canadienne sur l’incapacité utilise le terme incapacité qui est plus quantifiable et regroupe les incapacités dans 10 catégories. (Enquête canadienne sur l'Incapacité de 2022, p6).

Déjouer les biais inconscients

Toutle monde a des biais

Les biais inconscients sont "des attitudes ou stéréotypes qui affectent notre compréhension, nos actions et nos décisions de manière inconsciente, involontaire ou sans un contrôle intentionnel. Ils sont le résultat de raccourcis automatiques qui se produisent lorsque notre cerveau juge et évalue rapidement des personnes, sans qu'on s'en rende compte. Ces biais sont influencés par notre éducation, notre environnement culturel et notre expérience de vie personnelle." (source : https://numeduca.uqam.ca/definitions-biais-inconscients-et-comportements-inclusifs/)
Faites le test en ligne Project Implicit (recherche Harvard): l’occasion de prendre conscience de certains de nos biais et de participer à une large recherche scientifique.

Exemples de biais inconscients

  • Intuition : Nous avons tendance à considérer notre intuition personnelle comme véridique et fiable, même si elle est subjective et ne tient pas compte des nuances contextuelles.
  • Stéréotypes : Les stéréotypes sont des images préconçues et simplifiées d’individus ou de groupes sociaux. Ils nous poussent à sauter à des conclusions peu fondées et influencent notre jugement.
  • Attraction physique : Ce biais favorise les personnes qui correspondent aux normes sociales de beauté.
  • Capacitisme : ces biais crée une forme de discrimination, des préjugés et un traitement négatif envers les personnes vivant avec un handicap (visible ou invisible), les personnes de la culture Sourde et les personnes de la neurodiversité. C’est une attitude ou un comportement discriminatoire fondé sur la croyance que les personnes ayant une déficience, un trouble ou un trouble mental ont moins de valeur que les autres. (source : OQLF)
    Le sujet du capacitisme vous intéresse : prenez le temps de lire cet article « L’autre handicap », de Radio-Canada.

Impacts sur les personnes handicapées

Les biais inconscients peuvent entraîner des  comportements discriminatoires, des préjugés ou un traitement négatif envers les personnes handicapées.
Ces stéréotypes peuvent influencer nos décisions, en particulier lorsque nous devons agir rapidement. En prendre conscience, c'est réduire les obstacles à l'inclusion.

Savoir-être et compétences à développer

  • Sensibilisation : Curieux·se des biais ? Direction https://www.shortcogs.com/ : ce site décortique les biais cognitifs en quelques clics et nous permet de prendre conscience de nos propres biais.

  • Éducation : Le handicap ne se résume pas à une case. Chaque situation est différente. Informez-vous sur les différents types de besoins des personnes concernées et ce qui change concrètement d’une personne à l’autre. Consultez les formations de Kéroul

  • Bienveillance : Laissez la personne raconter son expérience à sa façon pour comprendre son histoire. Demain, à la suite d’un accident ou d’une jambe cassée, vous devrez peut-être vous déplacer en fauteuil roulant.

  • Langage inclusif : Utilisez un langage respectueux et axé sur la personne, en évitant les termes négatifs ou stéréotypés. Adressez-vous à la personne concernée et non à son accompagnateur-trice : c'est une personne avant d'être une personne handicapée.

  • Écoute active : Chacun sait ce dont il a besoin. Pour savoir ? Demander, et rester attentif à la réponse, aux besoins et aux préférences individuelles.

Des outils et experts pour vous guider

Un environnement sans obstacle : le code du bâtiment et autres normes

Le Guide sur l’accessibilité des bâtiments s’applique au Québec pour guider les constructions selon les normes d’accessibilité. Ce sont des normes minimales d’accessibilité. Il est généralement recommandé d'aller au-delà de ces exigences.

Les normes CSA d'accessibilité Canada sont aussi des outils de référence pour concevoir des espaces, des logements et des équipements inclusifs pour les personnes en situation de handicap. Les principales normes dans ce domaine sont la CSA/ASC B651 (environnement bâti), la CSA/ASC B652 (logements accessibles) et la CSA B355 (appareils élévateurs) et elles sont souvent plus proches des besoins réels des usagers.

Pour aller plus loin sur les normes existantes

Une information numérique disponible pour tous

Beaucoup de contenus excluent des personnes en situation de handicap, non pas par manque de bonne volonté, mais parce qu'ils sont mal construits : phrases trop longues, jargon technique, information essentielle cachée dans une image, vidéo sans sous-titres, contraste insuffisant. Pour une personne ayant une déficience intellectuelle, un trouble d'attention, une limitation visuelle ou une personne moins à l'aise en lecture, ces obstacles rendent l'information inaccessible et pas seulement difficile.

Communication accessible : langage clair et normes WCAG

Sur le plan légal, les Règles pour l'accessibilité des contenus Web (WCAG), actuellement en version 2.1 niveau AA, sont la référence technique reconnue internationalement et intégrée à la norme gouvernementale québécoise SGQRI 008. Elles couvrent autant le code (structure, alternatives textuelles) que le contenu (clarté, cohérence). Le langage clair, lui, n'est pas encore une obligation légale formelle au Québec, mais il est de plus en plus exigé dans les communications publiques et fortement recommandé pour respecter l'esprit des WCAG (critère 3.1.5, niveau AAA, sur la lisibilité).

Concrètement :

  • rédiger des phrases courtes et actives, une phrase pour une idée,
  • éviter les acronymes non expliqués ou définir un jargon ;
  • structurer avec de vrais titres hiérarchiques (H1, H2...);
  • donner un texte alternatif descriptif à chaque image porteuse de sens;
  • sous-titrer les vidéos;
  • assurer un contraste de couleur d'au moins 4,5:1 entre la couleur du fond et la couleur de l’écriture;
  • ne jamais faire reposer une information uniquement sur la couleur ou la forme.

Le langage clair et les WCAG ne sont pas des contraintes distinctes : ensemble, ils forment la base d'une communication réellement comprise et utilisable par tous.

Choisir le bon expert pour vous accompagner

Comment soutenir le responsable de communication de votre événement ?
  • Expertise humaine : Kéroul pour l'accessibilité des événements et du tourisme au Québec, l'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) pour les repères réglementaires, et des consultants ou rédacteurs spécialisés en langage clair pour la révision des textes destinés au public.
  • Outils techniques : WAVE et axe DevTools pour vérifier l'accessibilité d'une page web, l'onglet Vérificateur d'accessibilité intégré à Microsoft Office et à Adobe Acrobat pour les documents et PDF, un analyseur de contraste de couleurs (Colour Contrast Analyser) pour valider la lisibilité des textes, et un correcteur de style comme Antidote pour repérer les phrases trop longues ou complexes.
  • Accessibilité numérique : des ressources expertes et entreprises peuvent vous accompagner dans votre projet web. Consultez le bottin du RAAM (Regroupement des aveugles et des amblyopes du Montréal métropolitain).
Les essentiels à inclure dans un cahier des charges avec un fournisseur externe
  • Exiger explicitement la conformité WCAG 2.1 niveau AA (et non une mention vague d'« accessibilité ») pour toute plateforme en ligne ;
  • Demander les textes alternatifs, sous-titres et documents en format lisible par une technologie d’assistance comme livrables obligatoires, et non pas optionnels ((aucune information essentielle ne doit être enfermée dans un format image sans format alternatif accessible);
  • Prévoir une révision en langage clair des textes destinés au grand public;
  • Inclure un délai réaliste pour les demandes d'accommodement comme l'interprétation LSQ ou le sous-titrage en direct (compter 2 à 4 semaines);
  • Demander une preuve de conformité ou un test avant livraison finale de tout support numérique;
  • Prévoir un budget dédié à l'accessibilité dès l'appel d'offres, pas en ajout après coup;
  • Désigner un point de contact responsable côté fournisseur en cas de correction post-livraison.

Cette liste n’est pas exhaustive, mais peut vous aider à sélectionner le fournisseur expert qui vous accompagnera le mieux dans votre mission.

Vivre le festival avec un handicap

Quelques chiffres clés

À l’écoute des personnes concernées

Anaïs, 21 ans, festivalière dans l’âme - vidéo (xx min xx)

En 2025 et 2026, Kéroul a mené une consultation exploratoire auprès de ses membres pour mieux comprendre leur expérience et leurs attentes envers les festivals. 48 personnes en situation de handicap y ont répondu. Il ne s'agit pas d'un échantillon statistiquement représentatif, mais les tendances qui s'en dégagent sont cohérentes avec les constats d'autres études citées dans ce document (Statistique Canada, littérature scientifique) et offrent un éclairage précieux sur le terrain.

Peut-être invisibles, mais présents

  • Environ 9 personnes interrogées sur 10 participent à au moins un festival par année.
  • Plus de la moitié des personnes interrogées participent à plusieurs évènements/festivals dans l’année (toutes thématiques confondues).

1 personne handicapée, plus ses proches

  • La grande majorité des personnes interrogées ne viennent pas seules, mais accompagnées. Qu’est-ce que ça veut dire ? Il y aura davantage de dépenses sur le site (restauration, bar, etc.)

Une planification très anticipée

  • Environ le tiers des personnes interrogées planifient leur visite au moins 3 à 4 semaines à l'avance.
  • Un quart des personnes interrogées s'y prennent plus d'un mois à l'avance.

La majorité des festivaliers-ères en situation de handicap s’organisent tôt : soyez prêts tôt pour afficher vos informations pratiques en ligne sur l’accessibilité.

Consulter le Modèle de page web d’infos pratiques en accessibilité

Le bouche-à-oreille : à ne pas négliger

Les 3 canaux d’informations préférés sont le site web officiel, les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille.
Vos réseaux (virtuels ou réels) sont un lien direct avec les festivaliers en situation de handicap, qui vous suivent au même titre que tous vos autres abonnés. N’hésitez pas à échanger avec eux et à partager des informations pratiques fiables. Des informations également très utiles aux ami-e-s des ami-e-s des personnes en situation de handicap.

Des pertes prévisibles

  • La grande majorité des personnes interrogées ont déjà renoncé à participer à un festival par manque d'accessibilité ou difficulté à trouver l'information.

Les visiteurs-euses potentiels se désengagent par manque d’information. Ils-elles ne sont pas encore arrivé.e.s sur le site et vous les avez déjà perdus. Oui, vos équipements spécifiques et infrastructures adaptées seront utilisés : ce n’est pas un investissement dans le vent.

Trois moments clés pour que la personne vive une belle expérience :

  • Avant : planification et organisation du déplacement : disponibilité et fiabilité de l’information.
  • Pendant : déplacement et orientation sur le site ; accès aux services essentiels (toilettes, restauration et rafraîchissement); personnel disponible pour informer.
  • Après : partage de l'expérience auprès des proches et amis, sur les réseaux sociaux.

La réalité d’une personne neurodivergente

Quand on parle de personnes neurodivergentes, le terme est volontairement large pour couvrir des personnes qui rencontrent des défis importants dans les interactions sociales et qui peuvent avoir des comportements ou des ressentis inhabituels sans que ce soit pour autant irrespectueux.

Défis liés à l’environnement :

  • Incompréhension des demandes au moment des contrôles de sécurité pour accéder au site.
  • Hypersensibilité à la lumière, aux sons forts ou aux contacts humains dans une foule.
  • Désorientation sur le site en cas d'absence d’informations de repérage ou d’information illisible, incohérente.

Ces défis peuvent occasionner :
Des variations de ressentis, de réaction ou comportement : par exemple, une personne peut être hypersensible à un sens (le bruit) et hyposensible à un autre (la douleur) en même temps.
Des difficultés dans les relations sociales : décrypter les émotions ou comprendre les codes et usages sociaux.
Un état de fatigue important et un besoin de s’isoler.

À retenir:
Les réactions ou comportements ne sont pas des « caprices », mais un traitement différent des situations par rapport à des personnes neurotypiques.
La liste des défis n’est pas exhaustive, car les origines de la neurodivergence sont variables, propres à chaque individu.

4 actions qui font la différence :

  • Donner le choix et le contrôle à la personne en lui permettant de moduler son exposition plutôt que de la subir.
  • Faciliter les interactions sociales obligatoires (validation des entrées et contrôle sécurité ...)
  • Aménager des espaces de calme ou de repli, avec peu de stimulation visuelle ou sonore.
  • Installer une signalisation simple pour faciliter la prise de décision.

La réalité d’une personne malvoyante ou aveugle

Outre la cécité qui peut être dès la naissance ou à la suite d’une dégénérescence oculaire, la malvoyance a différentes causes : le daltonisme qui affecte la perception des couleurs, le vieillissement oculaire après 50 ans qui réduit le degré de vision, la perte de la vision périphérique qui rend les déplacements risqués... Ces causes sont présentées à titre d’exemple et ne sont pas exhaustives. Mais elles permettent d’entrevoir la liste de défis rencontrés par chaque personne dans un environnement public.

Défis liés à l’environnement :

  • Orientation et déplacement difficile dans un espace modifié temporairement (ex : la place des festivals à Montréal avec et sans festival) avec des foules mouvantes.
  • Accès à l’information (plan d’orientation, horaires) souvent inaccessible si pas d’alternative audio.
  • Repérage des issues de secours complexe en cas d’évacuation.
  • Difficulté à repérer les files d’attente dédiées, les bénévoles ou le personnel du festival.

3 actions qui font la différence :

  • Prévoir un plan tactile ou un plan audio-décrit (audio-guide ou guide sonore sur téléphone).
  • Aménager des bandes de guidage sol (exemple de bandes naturelles qui indiquent à la personne qu’elle est peut-être dans une nouvelle zone : changement de revêtement pelouse / gravier ou aménagements spécifiques, rebord aux rampes d’accès, bandes podotactiles).
  • Installer un repérage lumineux pour les chemins d’accès qui guide toutes personnes malvoyantes et ajoute une ambiance au décor.

La réalité d’une personne sourde ou malentendante

La surdité peut être présente dès la naissance ou être acquise au cours de la vie, et ces réalités impliquent souvent des enjeux différents. Certaines personnes sourdes ou malentendantes de naissance évoluent au sein de la communauté Sourde et communiquent principalement dans leur langue maternelle, soit la Langue des Signes Québécoise au Québec, le français étant alors une langue secondaire. Dans ce contexte, le handicap se manifeste surtout dans les interactions avec des personnes entendantes qui ne connaissent pas la LSQ, ou lorsque l’information est transmise uniquement à l’oral, ou à l’écrit dans un français trop compliqué.
Pour les personnes devenues sourdes ou malentendantes au cours de leur vie, les enjeux peuvent être différents. Le français est généralement leur langue principale, et elles peuvent continuer à s’exprimer oralement, mais la réception de l’information demeure souvent problématique. Les environnements bruyants, les annonces sonores, les échanges de groupe ou l’absence de support visuel peuvent rendre la communication difficile.

Pour aller plus loin sur les enjeux de surdité

  • Différence entre personne Sourde et personne sourde (minuscule ou majuscule) : le terme sourd commençant par une minuscule décrit l’état audiologique de personnes dont la perte auditive est importante. Le terme « sourd » est donc un terme général. Mais avec une majuscule, le terme Sourd désigne l’appartenance à une culture, à une communauté, et non un état audiologique. De nombreuses personnes Sourdes rejettent les notions de handicap et toute idée selon laquelle elles souffrent d’une perte. Au contraire, elles ont leur propre langue (la langue des signes), une culture riche et un fort sentiment d’appartenance à leur communauté.
  • Oralisme : Approche qui met l’accent sur la lecture labiale et la parole comme canaux privilégiés pour la communication.
  • LSQ, ASL, LSF... Il n'existe pas une langue des signes universelle, mais une langue propre à chaque pays et parfois même plusieurs au sein d'un même pays. On parle également de langue des signes et non langage des signes car la langue des signes est une langue à part entière avec sa propre structure et sa propre grammaire et le langage est une fonctionnalité biologique et technique. On peut donc être bilingue Québécois/Langue des signes québécoise.

Défis liés à l’environnement :

  • Accès à l'information sonore (annonces, consignes de sécurité, animations) souvent uniquement diffusée par haut-parleurs, sans alternative visuelle. Idem pour les alertes d’urgence d’évacuation
  • Communication avec le personnel ou les bénévoles difficile sans repère écrit, visuel ou langue des signes.
  • Accès limité au contenu artistique (paroles, discours, humour) quand rien ne vient compléter le son.

4 actions qui font la différence :

  • Afficher les informations essentielles par écrit ou à l'écran (horaires, consignes de sécurité, sous-titres en direct).
  • Équiper le personnel d'outils de communication simples (tablette avec clavier, pictogrammes, signes de base en langue des signes) pour échanger sans le son.
  • Prévoir de l'interprétation en langue des signes (LSQ).
  • Installer des écrans avec sous-titres ou paroles synchronisées : utile dans un environnement bruyant pour tout le monde, et pour les personnes avec une limitation auditive.

La réalité d’une personne à mobilité réduite

La mobilité réduite peut découler de multiples situations. Elle peut être permanente, temporaire, par exemple à la suite d’une fracture ou d’une entorse, ou encore situationnelle, comme lorsqu’une personne se déplace avec une poussette, des valises ou du matériel.
La mobilité réduite ne concerne pas uniquement les personnes en fauteuil roulant : elle peut aussi toucher une personne âgée utilisant une canne, une personne ayant des douleurs chroniques ou toute personne dont les déplacements sont plus difficiles. La mobilité réduite affecte généralement la capacité à parcourir de longues distances, la vitesse de déplacement, l’endurance ou la facilité à franchir certains obstacles.

Défis liés à l’environnement :

  • Déplacement difficile sur des sols instables ou irréguliers (herbe, gravier, boue).
  • Accès limité aux zones surélevées ou avec marches (scènes, gradins, plateformes) sans rampe ou ascenseur/plateforme élévatrice.
  • Difficulté à circuler dans les foules denses, surtout en cas d'évacuation ou de mouvement de panique.
  • Files d'attente longues et debout (billetterie,entrée sur le site restauration, toilettes).

3 actions qui font la différence :

  • Prévoir des zones de visionnement dédiées offrant une bonne vue des scènes.
  • Mettre à disposition des toilettes adaptées et des files prioritaires accessibles, clairement signalées.
  • Aménager des chemins d'accès stables et bien signalés reliant les zones clés du site facilite aussi le déplacement des poussettes, des personnes âgées et du matériel technique.

Pour en savoir plus sur l’univers du handicap
Consultez le guide pratique du gouvernement du Canada pour les organisations qui souhaitent mettre en place des consultations inclusives et suivre le Règlement canadien sur l'accessibilité.

Suivre le parcours du festivalier

Trouver l'information facilement{#i-find-the-information-easily}

Je trouve facilement l’information qui me concerne pour préparer ma visite :

  • par site web (information à jour, précise, lisible et compréhensible),
  • par téléphone (retour rapide des appels),
  • par courriel (retour rapide, personne dédiée et suivi éventuel par téléphone)

Consultez Étape 3, section “Encourager la personne en situation de handicap à venir”

S'orienter et se déplacer

Je m’oriente et me déplace facilement sur le site, depuis mon arrivée jusqu’à mon départ. J’ai besoin d’information en amont et sur place sur :

  • le débarcadère du transport adapté,
  • le stationnement régulier et réservé
  • les points d’entrée sur le site (contrôle des billets, sécurité)
  • le personnel disponible
  • les couloirs de circulation
  • l’accès aux toilettes
  • les zones de restauration et de repos
  • les zones réservées

…

Consultez Étape 3, section “Assurer un parcours uniforme et sans obstacle”

Savoir à qui s'adresser

Je privilégie le contact humain avant tout. Par téléphone, courriel ou sur place, échanger avec une personne est la première clé pour profiter pleinement de l’expérience :

  • personnel identifiable rapidement sur le site
    -personnel informé des dispositifs d’accessibilité sur le site (accès zone réservée, circulation alternative éventuelle, plan du site, équipement disponible...)
  • personne disponible rapidement par téléphone, par courriel ou sur notification cellulaire (ex. Code QR prévu à certains points du site)

Consultez Étape 2, section “ Formation des équipes”

Trois choses à retenir sur l’accessibilité

L'accessibilité est une action transversale

L’accessibilité est une démarche en continu et utile à tout le monde

L’accessibilité met l’humain au centre des décisions