Faire le bilan de votre édition
Avant de penser à la suite, prenez le temps de regarder ce qui vient de se passer. Recueillez les commentaires de vos festivaliers, de votre équipe et de vos partenaires : ce retour d'expérience est la matière première de votre prochain plan d'action.
Recueillir ce qui a été vécu
Dans les jours qui suivent l’événement, rassemblez les observations provenant de différentes sources :
commentaires reçus sur place, par courriel ou sur les réseaux sociaux;
sondage envoyé aux personnes participantes;
commentaires des bénévoles et du personnel;
demandes d’accommodement reçues avant ou pendant l’événement;
commentaires des partenaires et organismes;
incidents ou difficultés consignés pendant le festival.
Pour faciliter le retour de l’équipe, vous pouvez utiliser trois questions simples :
Qu’est-ce qui a bien fonctionné?
Qu’est-ce qui a posé problème?
Qu’est-ce qu’on ferait autrement la prochaine fois?
Lorsque possible, recueillez directement l’expérience des personnes en situation de handicap ayant participé à l’événement.
Exemple de questions pour le sondage par courriel aux festivaliers
- Qu’avez-vous le plus apprécié dans votre expérience ?
- Avez-vous rencontré une difficulté avant votre arrivée ou pendant l’événement? Si oui, laquelle?
- Les informations disponibles avant et pendant l’événement vous ont-elles permis de bien préparer votre visite et de vous orienter facilement? Qu’aurions-nous pu mieux expliquer?
- Y a-t-il un aménagement, un service ou une mesure qui a particulièrement facilité votre participation?
- Si vous pouviez changer une chose pour améliorer votre expérience lors de la prochaine édition, ce serait laquelle?
Refaire le parcours du festival
Pour évaluer les mesures d’accessibilité mises en place pendant l’événement, reprenez l'expérience d’une personne participante selon son parcours du début à la fin et insérez aussi les commentaires reçus (positifs et négatifs)
Avant l’événement
L’information sur l’accessibilité était-elle facile à trouver?
Les personnes savaient-elles à qui poser leurs questions?
Les modalités de transport, de stationnement et d’accès au site étaient-elles suffisamment expliquées?
À l’arrivée
Le débarcadère et les espaces de stationnement réservés étaient-ils faciles à repérer?
Les cheminements étaient-ils utilisables?
La billetterie et le contrôle d’accès fonctionnaient-ils bien?
Pendant l’événement
Les déplacements entre les différentes zones étaient-ils faciles?
Les toilettes, comptoirs, zones réservées et espaces de repos étaient-ils accessibles?
La signalisation était-elle suffisante?
Les mesures de communication et d’accessibilité sensorielle ont-elles fonctionné comme prévu?
Le personnel savait-il comment répondre aux demandes?
Au départ
Les cheminements demeuraient-ils accessibles à la sortie?
Le transport, le débarcadère ou les zones d’attente ont-ils occasionné des difficultés?
Astuce : visualisez les problématiques
Utilisez le plan du site et annotez directement les endroits où des difficultés ont été observées.
Synthèse : à conserver, à modifier, à ajouter
Pour chaque mesure d’accessibilité, posez-vous trois questions pour trier la collecte de données en trois catégories :
- Qu’est-ce qui a bien fonctionné et devrait revenir à la prochaine édition? = À conserver
- Qu’est-ce qui était présent, mais pourrait être mieux organisé, positionné, communiqué ou utilisé? = À améliorer
- Quel besoin n’avait pas été prévu? = À ajouter
Pensez notamment : aux aménagements; aux équipements adaptés; à la signalisation; aux communications; à l’accueil et à la formation du personnel; aux procédures internes; aux fournisseurs; au transport; aux services offerts.
Profitez-en également pour vérifier l’état du matériel : réparation, remplacement, entreposage, location ou possibilité de mutualisation avec d’autres événements.
Consultez la section “Et pourquoi pas un répertoire de mutualisation”
Transformer les apprentissages en plan d’action
Ce que vous venez d'apprendre ne doit pas rester dans un tiroir. Regroupez-le, avec vos actions déjà en place et celles à venir, dans un plan d'action sur trois à cinq ans. Fixez des priorités, répartissez les responsabilités et prévoyez l'entretien des mesures qui fonctionnent déjà.
Vous n'avez pas à tout faire d'un coup : l'objectif est de consolider les acquis d'une édition à l'autre, sans repartir de zéro chaque fois.
Comment faire ? Des outils pour aider
Modèle de fiche Bilan événement: un court document word à télécharger pour ne rien oublier de votre post-mortem.

Tableau autodiagnostic et actions associées (à téléchargez dans la section Ressources si vous ne l’avez pas encore complété) : comparez votre avant / après et soyez fiers des améliorations.

Modèle de plan d’action: document en format word pour vous éviter de partir d’une page blanche et que vous pouvez adapter selon vos besoins. Il est également préformaté pour vous permettre de le relier à votre portrait de l’autodiagnostic.

Privilégiez un plan d’action sur trois ans, avec un nombre limité d’actions concrètes, réalistes et adaptées à vos ressources. Il vaut mieux prévoir quelques améliorations réalisables chaque année que multiplier des intentions difficiles à mettre en œuvre. Le plan doit pouvoir être consulté, ajusté et suivi régulièrement par l’équipe.
Il peut aussi devenir un véritable outil de mobilisation auprès de vos équipes et partenaires. En impliquant les personnes concernées dans le choix des priorités et le suivi des actions, chacun comprend mieux son rôle et peut contribuer aux progrès réalisés. Le plan sert ainsi à orienter les décisions, répartir les responsabilités et faire avancer l’accessibilité collectivement d’une édition à l’autre.
Modèle de fiche Priorisation d'actions en équipe: ce document word de 4 pages vous propose un tableau de priorisatio préformaté dans lequel, en équipe, vous pourrez discuter des actions à planifier selon vos ressources et votre réalité.

Politique d'accessibilité
Les actions mises en place au fil des éditions vous ont peut-être amené à préciser vos priorités, vos façons de faire ou vos engagements en matière d’accessibilité. Vous pouvez vous appuyer sur cette expérience pour créer une politique d’accessibilité ou mettre à jour celle qui existe déjà.
L’objectif : mettre par écrit ce que votre organisation souhaite maintenir, améliorer ou intégrer dans ses pratiques, puis rendre ces engagements visibles auprès de votre équipe, de vos partenaires et de vos publics.
Intégrer l’accessibilité à vos pratiques durables
L'accessibilité n'est pas une démarche à part : plusieurs de ses mesures rejoignent naturellement vos pratiques durables. Réutiliser du matériel plutôt que le racheter, mutualiser des équipements avec d'autres festivals ou une municipalité, consolider des partenariats sur plusieurs années — la location, le prêt et le partage réduisent les coûts et donnent accès à des équipements parfois utilisés seulement quelques jours par an.
Présenter l'accessibilité comme une composante de votre démarche durable peut aussi ouvrir des portes : cela permet de l'intégrer à des projets plus larges et d'explorer de nouvelles pistes de financement.
Un levier de financement à ne pas négliger
Ne cherchez pas seulement une subvention pour l’accessibilité. Cherchez où l’accessibilité peut s’intégrer dans les investissements que vous devez déjà faire : amélioration de l’expérience des festivaliers, développement durable, achat d’équipements, aménagement du site, transformation numérique, formation ou amélioration des infrastructures.
Selon les programmes disponibles, certaines de ces dépenses peuvent ainsi s’inscrire dans une demande de financement plus large.
Le bon réflexe : un seul projet, pensé accessible dès le départ
Si vous prévoyez :
- de renouveler votre signalisation, profitez-en pour améliorer sa lisibilité;
- d’aménager une zone de repos, intégrez dès le départ du mobilier et des espaces accessibles;
- d’acheter des tapis de circulation, des rampes ou du mobilier, choisissez des équipements réutilisables d’une année à l’autre;
- de refaire votre site Web ou votre billetterie, intégrez l’accessibilité numérique au mandat;
- de former vos équipes, ajoutez l’accueil des personnes en situation de handicap aux contenus prévus.
Cette façon de faire évite de créer deux projets parallèles — le projet « régulier » et le projet « accessibilité » — et peut réduire les coûts liés à des adaptations réalisées après coup.
Faciliter vos démarches de financement
Pour vous simplifier la vie, clarifiez vos priorités pour pouvoir profiter rapidement des occasions qui correspondent à vos besoins.
- Regroupez vos actions sur plusieurs années plutôt que de chercher à tout réaliser en une seule édition (plan d’action sur 3 ans);
- identifiez les actions qui nécessitent un investissement et celles qui peuvent être réalisées avec les ressources existantes;
- préparez quelques estimations de coûts pour vos principales priorités;
- cherchez les liens avec vos autres objectifs : développement durable, expérience client, innovation, infrastructures, communications ou formation;
- privilégiez lorsque possible des équipements réutilisables, louables ou partageables avec d’autres événements;
- documentez les améliorations réalisées et leurs retombées : ces informations pourront appuyer vos prochaines demandes de financement.
Un investissement, plusieurs objectifs
Une mesure d’accessibilité bénéficie souvent à plus de personnes que prévu et c’est un même un bénéfice pour tous : une meilleure signalisation, des espaces de repos, des cheminements plus faciles, une information claire ou une billetterie simplifiée... L’accessibilité rejoint à un moment ou un autre tout individu, avec ou sans handicap (personnes aînées, des familles, des personnes temporairement blessées ou des festivaliers fatigués après plusieurs heures sur le site).
L’accessibilité n’est pas une mesure ponctuelle destinée seulement à 21 % de la population québécoise (source : Statistique Canada, Enquête Canadienne sur l'Incapacité de 2022) : c’est une démarche qui fidélise tous vos publics.
Et pourquoi pas un répertoire de mutualisation ?
Mutualiser plutôt que tout acheter
Certains équipements utiles à l’accessibilité sont coûteux, encombrants ou utilisés seulement quelques jours par année : tapis de circulation, rampes amovibles, mobilier accessible, équipements sensoriels, signalisation ou matériel pour aménager une zone réservée.
Un répertoire de mutualisation permet de savoir quels équipements sont déjà disponibles dans votre région et auprès de qui ils peuvent être empruntés, loués ou partagés.
Concrètement, le répertoire peut indiquer :
- l’équipement disponible;
- l’organisme, la municipalité ou le festival qui le possède;
- les conditions de prêt ou de location;
- les coûts, s’il y en a;
- les modalités de réservation;
- les besoins de transport, d’installation et d’entreposage;
- les coordonnées de la personne responsable.
Gagibig.com, un exemple inspirant
Cagibig, en France, est un exemple de mutualisation de matériel entre acteurs d’un même territoire. Les organisations peuvent consulter un catalogue d’équipements disponibles, les emprunter et planifier leur utilisation. Cagibig assure également l’entreposage, la préparation, l’entretien et la réparation du matériel, ce qui facilite son partage et prolonge sa durée de vie.
Comment ça fonctionne?
Avant d’acheter un nouvel équipement, vérifiez s’il est déjà disponible dans votre réseau. Une municipalité, un autre festival ou un organisme peut parfois posséder exactement ce dont vous avez besoin et ne pas l’utiliser aux mêmes dates.
La mutualisation demande toutefois un minimum d’organisation. Il faut notamment prévoir qui réserve, qui transporte, qui installe, qui vérifie l’état du matériel et qui assume la responsabilité en cas de bris. Ces éléments devraient être clarifiés avant le prêt.
Commencer simplement
Il n’est pas nécessaire de créer une plateforme complexe. Un tableau partagé et tenu à jour peut suffire pour commencer. L’important est de savoir ce qui est disponible, à quelles conditions et comment le réserver.
Avec le temps, ce répertoire peut aussi aider les festivals d’un même territoire à identifier les équipements qui gagneraient à être achetés collectivement plutôt qu’individuellement.
Ressources à consulter sur les pratiques durables
Guide de bonnes pratiques durables dans les festivals, événements et attractions (Touriscope, Destination Québe Cité, ÉAQ) - 59 pages (powerpoint)
10 étapes pour intégrer le développement durable en tourisme (Touriscope.ca) - 29 pages (PDF)
Le Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER), carrefour d'information et d'échange pour faciliter et encourager l'organisation d'événements écoresponsables au Québec.
Voir aussi Tourismedurable.quebec